On se souvient de la désastreuse affaire d’Outreau. Des dizaines d’innocents avaient été accusés à tort de pédophilie et s’étaient retrouvés derrière les barreaux sans rien comprendre à ce qui leur était arrivé. L’un d’entre eux s’était même suicidé.
Le juge d’instruction, Fabrice Burgaud, jeune et inexpérimenté, n’avait guère été aidé dans sa tâche et avait laissé son « intime conviction » mener les débats alors même qu’il ne réalisait pas son travail de recherche de preuves à charge et à décharge, ce qui est la moindre des choses pour un juge étant en charge d’un dossier si délicat.
Pour l’instant et pour jamais sans doute, le juge Burgaud ne sera pas exclu des bancs de la magistrature. Il risque juste d’être exclu temporairement pendant un an au maximum. Le ministère de la Justice avait pourtant tenté de le faire passer pour un bouc émissaire, le chargeant de toutes les peines du monde.
Si tout le monde a noté le « manque évident de rigueur » et le « manque d’impartialité » de Fabrice Burgaud, rien n’est dit sur ses pairs qui auraient dû tirer le signal d’alarme, soit en l’occurrence le Juge d’application des peines. Gérald Lesigne, alors procureur de Boulogne, n’a jamais reçu aucune sanction et il a même été muté à Caen par Rachida Dati.
Certes, Fabrice Burgaud doit payer, d’autant plus qu’il ne s’est jamais excusé auprès des personnes injustement incarcérées et mises en cause dans cette affaire. Pour elles, il doit payer plus et être destitué. Pour elles aussi, Lesigne doit être démis de ses fonctions.
La question demeure : un an simplement de mise à l’écart pour avoir détruit la vie de nombreuses personnes ? Et les autres non punis ? Les magistrats seraient-ils au-dessus des lois ?
La proposition du Conseil Supérieure de la Magistrature va être mise en délibéré vendredi.

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