Le 1er mai 1886, les syndicats américains obtiennent la journée de travail de 8 h pour les travailleurs. Quelque 340 000 travailleurs devront faire grève pour l’obtenir et faire céder le patronat. Cette grande manifestation ne se fera pas sans mal puisqu’une bombe fera une quinzaine de morts chez les policiers à Chicago et que trois syndicalistes seront condamnés à la prison à perpétuité ; cinq autres seront pendus quelques mois plus tard à l’issue d’un procès contestable. Trois ans plus tard, la seconde Internationale socialiste est réunie à Paris. Là encore, alors que l’on va bientôt fêter le centenaire de la
Révolution française, les participants au congrès demandent la journée de travail de 8 h soit 48 h par semaine, seul le dimanche étant chômé (auparavant, on travaillait de 10 à 12 h par jour). Le 20 juin 1889, il est décidé d’organiser une manifestation à date fixe dans tous les pays et dans toutes les villes. La date du 1er mai est retenue. En France, le 1er mai 1891 à Fourmies, petite cité industrielle du Nord, les policiers tirent sur la foule lors de la manifestation. On comptera dix morts dont Marie Blondeau, vêtue de blanc et les bras couverts de fleurs. Elle devient alors le symbole de cette journée particulière qui demeure une date reprenant la tradition de lutte des ouvriers européens. Ensuite, le 1er mai ne sera plus simplement une journée de revendication pour les 8 h de travail par jour mais pour toutes les revendications des travailleurs. La Russie décide de rendre la journée chômée en 1920, Hitler fera de même en 1933. En France, il faudra attendre l’occupation, soit 1941, pour que le 1er mai soit chômé et payé et officiellement « fête du travail et de la concorde sociale », le 1er mai coïncidant à l’époque à la Saint Philippe (saint patron du
Maréchal Pétain). Cette mesure sera reprise en avril 1947 après la Libération, le 1er mai étant un jour férié et payé sans pour autant être désigné officiellement « Fête du Travail ». Depuis, traditionnellement, ce jour rassemble des défilés de syndicats dans les grandes villes.
Quant au muguet, fleur du 1er mai, ce symbole remonte à 1907. Auparavant, lors des manifestations, les Français arboraient un triangle rouge à la boutonnière pour signifier la division de la journée en trois parts égales (travail, sommeil et loisirs). Ce triangle laissera la place à la fleur d’églantine puis au muguet, qui est le symbole de l’arrivée du printemps en Ile-de-France. Depuis, il est de tradition d’offrir un brin de muguet le 1er mai en tant que porte-bonheur. On peut le cueillir en forêt en famille et se faire ainsi un petit pécule non négligeable parfois et les fleuristes s’approvisionnent en quantités. Même si les bruns de muguet disparaissent peu à peu de nos forêts, cette tradition est toujours respectée. Cette année, le muguet devrait être un peu plus cher, les prix ayant augmenté à la production mais les ventes ne devraient pas être mauvaises malgré la crise… Sinon, vous pouvez aussi dorénavant envoyer un brin de muguet virtuel !

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