Le Bisphénol A dont l’utilisation dans les biberons fait polémique, est aussi appelé BPA. Il s’agit d’un composé chimique issu de la réaction entre phénol et acétone. On le trouve fréquemment dans nos produits mais aussi dans le corps humain et quelque trois millions de tonnes de Bisphénol A sont produites dans le monde tous les ans.
On l’utilise lors de la fabrication de plastiques (polycarbonates) et de résines époxy mais aussi en tant qu’antioxydant dans les plastifiants et le PVC. Ainsi, on le trouve dans les boîtes plastiques, les lunettes de soleil et les biberons, le bisphénol A rendant ces produits plus souples et plus faciles d’utilisation. On en trouve aussi des traces dans les résines utilisées pour les soins dentaires, dans le revêtement intérieur des boîtes de conserves, dans les canalisations d’eau potable. Or, il peut facilement être détachable des plastiques de manière spontanée mais à faible dose, surtout si les produits qui en contiennent sont nettoyés avec des détergents énergiques ou s’ils sont utilisés pour des acides ou encore s’ils contiennent des liquides à haute température.
Sur l’humain, le Bisphénol A peut être surtout contaminant par ingestion et il peut être accumulé dans les tissus gras. Aujourd’hui son utilisation est discutée car il y aurait un rapport entre la survenue d’un diabète, de maladies cardio-vasculaires, un bilan hépatique anormal et un taux élevé dans les urines de BPA. Le Bisphénol A diminuerait aussi les actions de la chimiothérapie chez les malades cancéreux. Il pourrait aussi affecter le système reproductif. Des expériences menées sur des animaux de laboratoire ont prouvé (inhibition de l’érection, prostate plus lourde, altération des glandes mammaires et ce, d’autant plus que le placenta ne protégerait pas l’embryon). Des conséquences pourraient aussi advenir sur le pancréas et la thyroïde.
Cependant, les industriels ont toujours affirmé qu’utiliser du Bisphénol A n’était pas dangereux pour l’Homme grâce à des études menées par leurs propres laboratoires alors qu’une centaine d’études indépendantes prouvent qu’il y a un risque possible.
À l’étranger, le
Canada a classé en avril 2008 le Bisphénol A en tant que substance dangereuse et il l’a interdit dans les biberons. Aux Etats-Unis, les fabricants de biberons ont également renoncé à utiliser du Bisphénol A.
En France, cette substance était présente dans 90 % des biberons en 2008. Face aux risques déclarés, des fabricants ont entrepris de mettre au point des biberons sans BPA. Ils sont cependant encore mal indiqués et plus chers que les autres.
Alors, en attendant que la situation soit plus claire du côté français et de l’ Afssa (agence française de sécurité sanitaire des aliments) ainsi que de l’Efsa (Agence européenne pour la Sécurité alimentaire), rien ne vaut l’utilisation des bons vieux biberons en verre !

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