Le transfuge du Parti Socialiste qui avait tant soutenu
Ségolène Royal et tant critiqué
Nicolas Sarkozy avant d’entrer dans son gouvernement, a pris le relais de Brice Hortefeux au ministère de l’immigration et de l’identité nationale.
Après une visite à Calais, sans que l’on sache vraiment s’il est allé dans les buissons à la rencontre de jeunes Afghans ou Irakiens fuyant leur pays et vivant dans des conditions déplorables, Eric Besson a eu une idée lumineuse : celle d’utiliser la délation, comme au bon vieux temps, pour donner comme carotte, des papiers en bonne et due forme. Le nouveau credo est donc de dénoncer son passeur pour obtenir un titre de séjour pour les immigrés clandestins !
Son cap est d’ores et déjà fixé : il faut expulser 27 000 clandestins en 2009. Brice Hortefeux avait un quota de 26 000, mais il avait réussi l’exploit d’en expulser 30 000, dépassant toutes les espérances avec un zèle non dissimulé et une grande autosatisfaction d’avoir rempli, plus que sa mission. Eric Besson doit faire mieux puisque le chiffre de base fixé par Nicolas Sarkozy est de 27 000. Il lui faut à tout prix atteindre au minimum cet objectif. Et pour faire mieux, rien ne vaut les anciennes méthodes, soit la délation pour relancer le principe de « l’immigration choisie » (NDRL : comme si on choisissait de s’immigrer !).
Pour justifier sa méthode, Eric Besson déclare vouloir faire la guerre aux filières clandestines et aux passeurs qui exploitent la misère humaine. Pour ce faire, rien de tel que de promettre une délivrance de titre de séjour provisoire (provisoire, il faut insister sur ce mot) aux clandestins qui voudraient collaborer (un mot est un mot) avec la police pour dénoncer les passeurs. Avec une candeur incroyable et certainement de bonnes intentions, Eric Besson a déclaré : « aujourd’hui, les clandestins sont dans un statut qui ne leur permet pas d’aller dénoncer leurs tristes conditions puisque, précisément, ils n’ont aucun titre de séjour. Ils peuvent avoir peur d’aller à la gendarmerie ou à la police dénoncer (…) 120 filières démantelées en France l’année dernière, ce n’est pas assez ».
Il a encore ajouté : « ce sont des filières mafieuses, ce sont des filières criminelles, il faut dire quelque chose que les Français ne savent pas toujours, ces passeurs gagnent beaucoup d’argent. C’est un business tristement mais hautement lucratif ».
Mais si Monsieur Besson, les Français le savent, mais les Français savent aussi que des familles restées au pays se sont saignées aux quatre veines pour donner leur chance à leurs petits qui sont traités comme des reliquats de la société en France. Et, vouloir s’attaquer à la mafia, c’est s’attaquer aux familles d’origine qui pourraient être tuées dans des représailles si ces immigrés clandestins vous écoutaient.
SOS Racisme a appelé à la retenue : « La question des régularisations doit être approchée selon des règles claires et transparentes qui seraient issues d'une réflexion relative aux droits des étrangers et en aucun cas de considérations policières (…) Nous ne pouvons qu'être inquiets face à ce qui apparaît comme une officialisation des pratiques de délation ».