Une espèce de cataclysme a frappé les Français… Kouchner ! Le Défenseur des pauvres aurait fait des trucs pas très nets ! Kouchner ! L’ami de l’Abbé Pierre et de sœur Emmanuelle, celui qui portait des sacs de riz pour aider les populations africaines ? Le « fort-en-gueule » prêt à défendre n’importe quel quidam ?... Non ! Pas lui !
Qui est vraiment Bernard Kouchner ?
Bernard Kouchner, invité de tous les médias, invité d’honneur de Michel Drucker, personnalité politique préférée des Français, est né le 1er novembre 1938 à Avignon et oui, il ne fait pas ses 70 ans ! Il est né dans une famille multi-culturelle puisque son père était juif et sa mère protestante. Très tôt, Bernard Kouchner a été fasciné par le militantisme aux côtés du parti communiste, du parti socialiste puis du parti radical de gauche, avant de rejoindre à nouveau le parti socialiste en devenant une de ses figures emblématiques. Proche de l’abbé Pierre, Bernard Kouchner a aussi publié divers ouvrages, dont l’un en collaboration avec l’Abbé Pierre, « Dieu et les hommes ». Marié une première fois avec Evelyne Pisier dont il a eu trois enfants, il a ensuite épousé
Christine Ockrent, journaliste de renom qui a fait la part belle en un temps des audiences du 20 h chez TF1, avant, pour sa carrière, de choisir d’être directrice générale de France Monde, un holding financier qui compte Radio France Internationale, France 24 et TV5 Monde en regroupant les participations de l’Etat Français dans ces sociétés de type information. Christine Ockrent, a d’ailleurs été souvent critiquée par les syndicats…. Mais… Il ne faut pas mélanger les parcours quand même ! Et Christine Ockrent, ce n’est pas Bernard Kouchner ! Quoique, si on est mari et femme, il se pourrait que… Mais non, Kouchner est Kouchner !
Il commença à faire parler de lui en étant un animateur du comité de grève de la faculté de médecine de Paris en mai 1968 et il n’était pas l’un des derniers à parler du haut des barricades avec sa fougue, qu’il a toujours intacte aujourd’hui pour des causes qui lui semblaient juste à l’époque. Il se fait vraiment connaître du grand public au Biafra en 1971 en défendant les rebelles et en créant l’association « Médecins sans frontières » avec plusieurs amis. Résolument de gauche, Kouchner va créer le journal « L’Evénement » puis va se fâcher avec l’organisation « Médecins du monde » en 1979. Très vite, il aura le goût des médias pour s’y afficher et il va, sous l’œil des caméras, montrer son intervention humanitaire en Somalie en décembre 1992. C’est à cette époque qu’il va être surmommé « le French Doctor », son image de jeune médecin très beau, un sac de riz sur l’épaule pour aider les plus pauvres, faisant le tour de la planète. Il va ensuite plaider le droit d’ingérence pour que les puissances puissent se donner le droit de contrer les politiques nationales aux fins d’aider les populations pauvres et en danger. Ses débuts en politique auront lieu sous Michel Rocard, alors Premier Ministre de François Mitterrand. Il sera ensuite secrétaire d’Etat en 1988 et ministre de la Santé et de l’Action humanitaire sous les gouvernements Edith Cresson et Pierre Bérégovoy jusqu’en 1993. Cette même année, il va créer « la fondation pour l’action humanitaire » et en 1994, il va adhérer au Parti Radical de Gauche avec… Bernard Tapie. Loin des feux de la rampe ensuite, il va tenter d’intervenir dans le génocide au Rwanda en 1994 en essayant de sauver des orphelins mais en soutenant l’envoi des forces armées françaises qui seront accusées par la suite d’avoir couvert le massacre des Tutsis. Il s’oppose ouvertement à la guerre en Irak au début avant de changer d’avis en ne désapprouvant plus la guerre en Irak avec quelques rares personnalités politiques, on ne sait pas trop pourquoi au juste. Bernard Kouchner s’est aussi présenté à plusieurs élections sans jamais être élu. Plus tard, il va intervenir au Kosovo en tant que haut représentant de l’ONU jusqu’à janvier 2001. Dans un pays ravagé par la guerre, il va s’occuper de l’assistance humanitaire. Malgré son expérience, il n’aura jamais aucun titre honorifique au sein de l’ONU.
Lassé sans doute de ne jamais être récompensé pour ses actions, peu à peu, le temps fait son œuvre et Bernard Kouchner signe un rapport pour l’entreprise Total, rapport payé 23 000 euros en 2003 dans lequel il affirme que « le recours au travail forcé est une coutume ancienne… ». Ce rapport va être utilisé pour défendre Total contre les victimes birmanes qui avaient fait un recours contre Total.
Après avoir soutenu
Ségolène Royal, il a finalement accepté d’être Ministre des Affaires étrangères du gouvernement Sarkozy, ce qui est complètement à l’opposé de ses premières amours.
Toujours peu ou proue lié à Total, Kouchner, une fois Ministre des Affaires étrangères, va vouloir se battre pour aider les réfugiés du Darfour en ouvrant un couloir humanitaire… Un de ses anciens collèges y verra un rapport entre le rejet des gouvernements soudanais et tchadiens de l’exploitation du pétrole et les intérêts du groupe Total dans la région. En janvier 2008, Monsieur Kouchner signait aussi un accord de coopération dans le domaine du nucléaire civil avec Total, Areva et Suez et un accord était aussi signé pour que la France ait une base militaire à Abou Dhabi.
Depuis son investiture en tant que
ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner ne s’est pas levé contre la visite de Kadhafi, a critiqué le secrétariat aux Droits de l’Homme, multiplie parfois les déclarations à l’emporte-pièce en parlant de « guerre contre l’Iran », etc… Depuis il est mis en cause dans un ouvrage « Le Monde selon K » qui fait référence à des conflits d’intérêts pour des sommes rondelettes…
S’il s’avère que l’on ne peut rien reprocher sur le plan juridique à Bernard Kouchner, certains mettent en cause l’argument moral qui consiste à travailler pour des dictateurs africains pour des contrats mirobolants pour bon nombre de Français.
Tout cela fait un peu penser à une chanson un peu cynique mais pourtant bien réelle du grand Jacques Brel qui sera toujours d’actualité et c’est bien là où l’on reconnaît le génie : « Les Bourgeois »… Et si Bernard Kouchner semble toujours avoir autant de fougue, on aimerait peut-être qu’il revienne à ses premières amours, histoire que Les Français gardent de lui l’image du French Doctor qui savait déplacer les foules dans le bon sens du terme… A lui de nous prouver qu’il est toujours le même…