Quelle belle aventure ! La Belle Poule a largué les amarres dimanche en compagnie de l’Etoile, quittant le port de
Brest pour conquérir l’Atlantique. Son nom viendrait d’une frégate de la Marine Royale célèbre bateau corsaire sous François Ier, « La Belle Paule ». La tradition veut que les frégates ne soient jamais abandonnées totalement et la Marine Nationale prit le relais en construisant un navire de 30 canons en 1765 qui participa au tout premier combat de la guerre d’indépendance des Etats-Unis qui oublient parfois, que la France était leur premier allié. Une autre portant ce nom symbolique de « Belle Poule » fut construite à
Nantes par la suite. Equipée de 40 canons elle aussi, elle fut capturée par les Anglais qui la nommèrent « home fleet ». Sans désespérer, les Français en construisirent une troisième en 1834 et elle eut l’honneur de transporter les cendres de Napoléon Ier en France en 1840. La tradition continuant, l’actuelle « Belle Poule » fut construite en 1932 à Fécamp, dans le département de Seine-Maritime. Ayant participé, à sa manière, à la Seconde Guerre mondiale, elle arbore avec fierté le pavillon à la Croix de Lorraine. Depuis, « La Belle Poule » servait à l’entraînement et participait aux rassemblements des vieux gréements, notamment à
Rouen, où de grandes fêtes célèbrent les vieux navires. Elle participa à l’Armada du siècle en 1999.
Cette goélette à hunier, comme au temps jadis, est aussi nommée « goélette paimpolaise » et elle est accompagnée dans son voyage par le « sister-ship » anglais (« Etoile » en Français). Avec son mât haut de 21,6 m, sa coque en bois de chêne doublée de cuivre, ses 12 voiles, « La Belle Poule » s’est lancé le défit de traverser l’Atlantique avec une vitesse maximale de 12,5 nœuds par grand vent. Les deux goélettes ont donc pris le large, pour la première fois depuis longtemps et pour leur toute première traversée de l’Océan en 78 ans ! Leur arrivée dans le Nouveau Monde devrait se produire dans quatre mois environ si les vents sont cléments…
… Une belle aventure pour ces goélettes et pour les membres d’équipage peu habitués aux manœuvres délicates que demandent ces vieux navires… Une façon de revenir en arrière pour un bel exploit sans coques étudiées pour battre des records… Histoire de dire aux navigateurs actuels dont on vante tant les exploits que ceux-ci sont bien moindres qu’avant !
Lors de cette course exceptionnelle, une trentaine de vieux navires à voile sont en lice lors de la course « TallShips Atlantic Challenge »…
Souhaitons bon vent à « La Belle Poule » pour qu’elle arrive à bon port !

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