La Caisse d’Epargne et la
Banque Populaire devraient fusionner cette semaine selon la déclaration de
Nicolas Sarkozy à Berlin. L’Etat devrait entrer au capital pour 20 % selon Mediapart et c’est François Pérol, proche de Sarkozy, secrétaire adjoint de l’Elysée et ancien membre de Rothschild et Compagnie, qui devrait être aux commandes de la nouvelle banque.
Ce dernier point n’est toujours pas confirmé par l’Elysée mais déjà cette future nomination, si elle s’avérait exacte, provoque des polémiques.
Ainsi, Benoît Hamon, porte-parole du PS, a déclaré que « le choix du numéro deux de l’Elysée, c’est-à-dire un ami personnel de Nicolas Sarkozy, à la tête du deuxième groupe bancaire, participe d’une stratégie d’influence du président de la République dans les milieux économiques ». Il a ajouté : « Si on veut avoir un Etat impartial, il aurait été intéressant de discuter avec la commission des Finances du Parlement du choix de celui qui pourrait être le meilleur représentant de l’Etat ».
Quant à François Bayrou, il a tout simplement déclaré que « cette nomination annoncée était illégale » en argumentant : « Tous les textes, à la fois de déontologie et du code pénal, indiquent qu’il est interdit à une personne ayant exercé l’autorité publique sur une entreprise privée, qu’elle soit fonctionnaire ou agent temporaire, d’exercer quelque fonction que ce soit dans cette entreprise avant un délai de trois ans révolus ». Or, il a rappelé que « François Pérol a joué un rôle actif dans le dossier (…) jusqu’à convoquer jeudi dernier les dirigeants des deux entités dans son bureau ».
Cette fusion devrait donner naissance à la seconde banque française, après bien des péripéties. Mettre un terme aux négociations interminables, voilà donc le but du gouvernement. La Caisse d’Epargne et la Banque Populaire devraient publier de très lourdes pertes en 2008, étant pour partie causées par
Natixis qui pourrait annoncer plus de 2,5 milliards d’euros de perte ! Les deux banques n’ont donc plus joué leur rôle premier : celui d’établissements de proximité avec la filiale commune d’investissement Natixis. Il semble donc normal que l’Etat reprenne les choses en main, pour arrêter les dérives.
On le voit, ce n’est pas tant la fusion des deux banques qui pose problème mais bien la nomination à la tête du nouveau groupe bancaire d’un proche de Nicolas Sarkozy… En effet, François Pérol est le plus proche conseiller du Chef de l’Etat en ce qui concerne les dossiers économiques, financiers et industriels. Il a les capacités, en tant qu’Inspecteur des Finances et ancien de chez Rothschild, de prendre la tête de la future seconde banque française mais cette nomination renforcerait une fois de plus l’image d’un Sarkozy qui veut avoir la mainmise sur tout : la justice, la presse et l’audiovisuel, l’économie et les finances…