Alors que la banque d’Angleterre a ramené son taux de 1 % à 0,5 % le 6 mars, il n’est pas exclu que la Banque centrale européenne baisse encore ses taux directeurs même si la marge de manœuvre demeure étroite. En début de mois, le taux de 1,5 % atteignait son plus bas niveau depuis la création de la BCE, chose sur laquelle rechignait Jean-Claude Trichet. Cependant, face à la conjoncture et face à la baisse des taux de nombre de banques mondiales, la banque centrale européenne doit bien suivre le mouvement si elle veut rester compétitive.
Selon Jürgen Sark, membre du directoire de la BCE, les banques devraient pouvoir appliquer prochainement une meilleure répercussion de cette baisse des taux d’intérêts, ceci ayant de fait un impact sur les prêts destinés aux entreprises et aux ménages. Pourtant, il précise : « avec un taux trop bas, on ne réussira pas à réactiver le marché interbancaire ». Il est en effet nécessaire que les banques se fassent à nouveau confiance entre elles pour prêter à leurs clients.
Si la réserve fédérale américaine a baissé son taux à presque zéro, le contexte n’est selon lui pas le même dans la zone euro en insistant sur le fait que : « malgré un taux directeur plus élevé, les conditions de financement dans la zone euro sont plus favorables qu’en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis », sans savoir exactement ce sur quoi il se fonde pour cette déclaration.
Car la BCE est plus pessimiste que le
FMI et la commission européenne puisqu’elle s’attend à une chute du
PIB de 2,7 % dans la zone euro cette année et à une baisse de l’inflation qui ne serait pourtant pas une déflation, ce qui aurait des répercussions économiques désastreuses.
Depuis octobre 2008, on est passé d’un taux pour la BCE de 4,25 % à 1,5 % mais il se pourrait donc que ce taux passe à 1 %, ne serait-ce que pour suivre le mouvement dirigé par la banque centrale américaine et la banque centrale britannique. Aller sous les 1 % « ne servirait à rien » selon Jean-Claude Trichet.
Parallèlement à une nouvelle baisse du taux, la BCE pourrait aussi prendre des mesures supplémentaires pour relancer le crédit avec « des mesures atypiques supplémentaires ». Le fait est que la BCE ne finance pas directement les entreprises comme c’est le cas pour la FED et la Banque d’Angleterre et c’est peut-être justement là où le bât blesse pour les économies européennes. En attendant, les différentes banques européennes sont alimentées avec un taux fixe pour des montants illimités et ce, jusque fin 2009 et certains états défaillants comme la Hongrie ont été pourvus de liquidités supplémentaires.
Cela dit, la nouvelle perspective d’une baisse des taux de la BCE a fait chuté l’euro qui se monnaye aujourd’hui à 1,24 dollar.