Le site d’Auschwitz-Birkenau est devenu au fil du temps le symbole même de l’horreur nazie et de la Shoah. Or, en ces temps où le négationnisme est de plus en plus revendiqué, ce site historique est menacé de disparition. 64 ans après la libération des camps d’extermination, Auschwitz, en Pologne non loin de Cracovie, voit la fréquentation de ses visiteurs en nette augmentation. Ainsi, environ 1,2 million de personnes l’ont visité l’année dernière contre 500 000 en 2001 et selon le directeur du musée, la conservation du site serait de plus en plus difficile. En effet, il s’étend sur 200 hectares, comporte 155 bâtiments, 300 ruines, des archives SS et environ 100 000 objets divers. Or, cette fréquentation massive met en péril les structures du camp d’Auschwitz I. Quant à Birkenau, ou Auschwitz II qui s’étendait sur 170 hectares, ce musée à ciel ouvert est aussi dans un état préoccupant. Sur les 300 baraquements du camp, n’en demeurent aujourd’hui que 45 en briques et 19 en bois. On y trouve aussi encore quelques vestiges de cheminées, une partie des miradors et la voie ferrée qui amenait les Juifs directement aux chambres à gaz. Le problème est que les baraquements ont été construits sur un terrain humide et que certains d’entre eux sont menacés d’écroulement à moyen terme. Même chose pour les ruines des chambres à gaz II et III qui avaient été détruites sur ordre d’Himmler en novembre 1944 mais dont il demeure encore des traces bien visibles. À Auschwitz, l’on trouve aussi une multitude d’objets personnels qu’il est très difficile de conserver ou de désemmêler comme des centaines de paires de lunettes. On ne sait pas quoi faire non plus des deux tonnes de cheveux récupérés par les nazis…
Des travaux ont déjà été entrepris comme sur la Judenrampe « la rampe des Juifs » où arrivaient les convois mais les habitants actuels du village en ont un peu assez de ces « circuits touristiques ».
Actuellement, le budget du musée vient pour 45 % du gouvernement polonais et pour 50 % de ses recettes (visites guidées, livres, etc.). Le reste provient de subventions publiques ou privées. Or, ce budget n’est plus suffisant pour envisager une solution à long terme pour la conservation des lieux. Des travaux vont être entrepris pour restaurer deux bâtiments d’Auschwitz I et cinq baraques de Birkenau pour un montant de 5 millions d’euros.
Un projet de fondation internationale a donc été lancé et transmis au Premier Ministre polonais qui vient lui-même de lancer un appel aux dons. Les Allemands vont y participer et des discussions sont en cours avec l’Union européenne.
Les spécialistes mettent l’accent sur l’urgence de la situation et sur le fait que plus on attendra pour faire quelque chose, plus la conservation du site sera compromise. Belzec, Sobibor, Treblinka, Chelmno ont disparu en ayant été rasés par les Allemands. Auschwitz, le plus grand des camps d’extermination, reste le seul à apporter les preuves visuelles du génocide industriel organisé par les nazis. La communauté internationale a donc le devoir de préserver ce lieu qui appartient désormais à la conscience universelle.

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