Les médias ont relaté récemment qu’Aribert Heim, nazi qui faisait partie de ce que l’on appelait « les médecins de la mort », était finalement décédé en 1992, d’un cancer de l’intestin à l’âge de 78 ans. Installé au Caire dans les années 1970 et converti à l’Islam sous le nom de Tarek Farid Hussein, il était pourtant activement recherché par les polices allemande, autrichienne et espagnole et par le Centre Simon Wiesenthal de
Jérusalem. C’était même l’un des derniers nazis qui étaient inscrits sur la liste des maudits du centre israélien. Son fils, Rüdiger Heim, a remis aux autorités une mallette contenant des documents qui établissent l’identité du fugitif. Criminel nazi le plus recherché au monde, sa tête avait été mise à prix pour 350 000 euros.
Mais qui était Aribert Heim ?
Ce triste sire est né le 28 juin 1914 à Bad Radkersburg en Autriche soit juste au début de la Première Guerre mondiale. Son père était policier et très tôt Aribert Heim fut attiré par la médecine. Il suivit des études à Vienne avant d’entrer au parti nazi autrichien à l’âge de 21 ans et de rejoindre la compagnie des SS organisée par Himmler et ce, dès 1938. Durant la guerre, il fut médecin dans le camp de concentration de Buchenwald puis à Mauthausen en octobre 1941. Il y est alors médecin-chef. Ce sera un court séjour à Mauthausen puisqu’il ne va durer que sept semaines, mais sept semaines lourdes de sens pour les rescapés et pour les familles descendantes car Aribert Heim en profita pour se livrer à de nombreuses expériences médicales sur les prisonniers. Ces « expériences médicales » n’avaient aucun but vraiment scientifique et il s’agissait plus de sadisme intrinsèque et de volonté de destruction d’autrui. Aribert Heim en effet avait un sujet d’expérience favori : mesurer la rapidité de l’action des poisons sur le cœur. A Mauthausen notamment, on lui prête la mort de plusieurs centaines de victimes de ses « expériences ». On évoque la mort de 300 personnes provoquées par ses expériences, soit six morts par jour. Ce n’est pas pour rien qu’il était surnommé « El banderillo » par les républicains espagnols fuyant le régime de Franco ou le « Docteur La Mort ». Toujours à Mauthausen, des témoins ont relaté des expériences faites sans anesthésie alors que même il disposait de produits pouvant calmer les douleurs et endormir les « patients ». Après son séjour dans le camp de Mauthausen, Aribert Heim va intégrer la Waffen SS le 29 novembre 1941. Il va y rester jusqu’au 15 mars 1945 et il sera arrêté par les Alliés. Grâce à un concours de circonstances incroyable, il ne va être jugé que pour avoir appartenu à la
Waffen-SS. Il fera un court séjour dans un camp de travaux forcés avant d’être relâché en 1947 sans que l’on sache véritablement pourquoi.
Le retour en Allemagne
Ses crimes à Mauthausen étant passés sous silence, Aribert Heim va, sans problème, occuper un poste de médecin à Baden-Baden. Il va même s’y marier et poursuivre sa vie comme avant et comme si de rien n’était en ouvrant un cabinet gynécologique en 1954. Sa vie aurait très bien pu se poursuivre tranquillement si son nom n’avait pas été cité en 1961 par un témoin évoquant « le boucher de Mauthausen ». Résultat… Il parvint à s’enfuir en 1962. Sa famille avait, cinq ans plus tard, prétendu qu’Aribert Heim était mort d’un cancer en Amérique latine soit en 1967. Pourtant, des virements d’argent eurent lieu sur son compte bancaire et ce compte contenait près d’un million d’euros au début des années 2000 ! Aucun de ses enfants de s’était emparé de ces sommes… Le centre Wiesenthal n’avait jamais baissé les bras et n’a jamais cru à cette version. En 2002, le centre avait même lancé une « opération dernière chance » pour tenter de le localiser ainsi qu’Aloïs Brunner, le bras droit d’Adolf Eichmann. Jusqu’au bout il a brouillé les pistes puisque certains l’avaient localisé en Espagne en 2005 et en 2006 au Chili…
Ce criminel sadique a donc vécu sans jamais être puni, et, dans l’opulence semble-t-il…

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