Angolagate – Pasqua donne des noms
L’ancien ministre de l’Intérieur et l’actuel sénateur des Hauts-de-Seine Charles Pasqua a été tout surpris d’être condamné à un an de prison ferme pour l’affaire de l’Angolagate ! Pourtant, ce n’était pas la première fois qu’il comparaissait devant la Justice pour des affaires un peu louches mais il avait été relaxé. Devant
Marie Drucker sur France 2, il avait demandé la levée du secret-défense à Nicolas Sarkozy pour que tout soit mis sur la table dans le dossier de l’Angolagate mais dans toutes les « affaires ». Il a réitéré face à
Michel Denisot sur
Canal Plus. Cette fois, il a donné des noms :
François Mitterrand,
Jacques Chirac,
Edouard Balladur et Alain Juppé. Avec sa voix grave et tremblante dont il a le secret, il a assuré que cela « fera trembler un certain nombre de personnages de la République et garnira probablement les prisons »…
Charles Pasqua a été condamné pour son rôle dans la vente d’armes Brenco à l’association France-Afrique-Orient dont il était vice-président, cette transaction se montant à environ 230 000 euros en juillet 1996.
Selon Charles Pasqua, de nombreuses personnalités étaient au courant de ces ventes d’armes illégales remontant aux années 1990 comme il l’a précisé au
Figaro : « Le président de la République, le Premier ministre, le ministre des Finances et le ministre de la Défense. Tous les quatre étaient forcément au courant. Sous le mandat de François Mitterrand de 1993 à 1995, puis sous la présidence Chirac de 1995 à 1998. Plus, les deux premiers ministres concernés que sont Édouard Balladur et Alain Juppé ».
Il a aussi relevé des « coïncidences » entre le début de ses ennuis judiciaires et son ambition présidentielle affichée en 2000 et il a ainsi demandé « la levée du secret-défense sur toutes les ventes d'armes afin que l'on sache s'il y a eu des retours de commissions en France et qui en a bénéficié »… Cela concerne l’Angolagate mais aussi les dossiers
Clearstream et les frégates de Taïwan ou encore l’Afghanistan. Ainsi a-t-il martelé : « Il faut tout lever ! Les Français ont besoin de le savoir »… On veut bien mais pourquoi ne pas l’avoir dit avant ?
A noter que dans l’affaire de l’attentat de Karachi, les juges se penchent sur un éventuel contentieux franco-pakistanais avec un non-versement de rétro-commissions liées à la vente de sous-marins et les enquêteurs ont cité les noms de Balladur et Sarkozy.
Aidant pour une fois Charles Pasqua, les socialistes se sont engouffrés dans la brèche ainsi que François Bayrou qui ont demandé une levée « immédiate » du secret-défense…
Réagissant aux propos de Charles Pasqua, Alain Juppé a déclaré qu’il ne s’opposait pas à la levée du secret-défense, n’étant pas au courant de rétro-commissions illégales… Jacques Chirac n’a pas réagi tandis qu’Edouard Balladur a déclaré : « Plus on fera apparaître la vérité dans ce genre d’affaires, mieux ce sera. Cela ne vise pas uniquement les ventes d’armes ».
Reste qu’on voit mal Nicolas Sarkozy accepter la lever du secret-défense sur toutes les magouilles de la République !