Hier, jeudi 3 septembre 2009, les résultats donnaient Ali Ben Bongo, fils d’Omar Bongo, élu en tant que Président du Gabon avec 41,73 % des voix. Cette élection doit cependant être entérinée par une commission spéciale mais d’ores et déjà, les partisans d’Ali Bongo, fêtaient la victoire avec enthousiasme de celui qui succède à son père après 41 ans de pouvoir.
Seulement voilà, l’opposition conteste fermement ces résultats. Deux quartiers populaires de Libreville ont connu des incidents avec des jeunes qui, en colère, tenaient des propos hostiles envers Ali Bongo mais aussi envers la France, en accusant Paris d’avoir « imposé » le fils d’Omar Bongo aux Gabonais. À Port-Gentil, la prison a été attaquée et des prisonniers ont été libérés. Des barricades ont été dressées et le consulat général de France a été incendié. Il faut dire que dans ce pays riche en pétrole, la France a longtemps eu des relations privilégiées avec Omar Bongo, qui a pourtant vidé les caisses de l’Etat pour sa fortune personnelle.
Selon les résultats donnés par le ministre de l’Intérieur, Jean-François Ndongou, Ali Bongo aurait donc eu 41,73 % des voix, André Mba Obame 25,88 % (ex-ministre de l’Intérieur) et Pierre Mamboundou 25,22 % (candidat indépendant).
Dès l’annonce de sa victoire, Ali Bongo a prétendu respecter ses promesses de campagne en voulant « apporter des changements nécessaires »… Ce que ne croient nullement bon nombre de Gabonais qui pensent que les richesses de leur pays ne profitent qu’à une petite élite… De grands mots ont été prononcés : « développement accru et progressif du pays », « assainissement des finances publiques », « instauration d’un climat de justice »… Mais il faut quand même rappeler qu’Omar Bongo s’est enrichi personnellement et a enrichi sa famille avec l’argent de l’Etat… La corruption était de mise au Gabon avec une certaine complicité de la France…
André Mba Obame qui conteste le scrutin ainsi que Pierre Mamboundou sont « en lieu sûr »…
Et la France dans tout ça ? Officiellement, elle dit qu’elle n’est jamais intervenue dans le scrutin bien que des entreprises françaises aient des intérêts manifestes dans ce pays… En outre, une base militaire française avec 1 000 hommes est en place dans le pays… Selon Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, « un dispositif est prêt pour protéger les Français au Gabon » si cela devenait nécessaire car quelque 10 000 Français vivent au Gabon… Et les soldats français sur place sont prêts à assurer les intérêts des Français…
Un calme précaire et peut-être provisoire car tous les Gabonais qui ont voté pour l’opposition ne voudront peut-être pas en rester là…

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