Alors que Mahmoud Ahmadinejad fête sa victoire, les réactions internationales demeurent très discrètes sur les éventuelles irrégularités de l’élection présidentielle en Iran. Ainsi, l’Union européenne s’est dit « préoccupée » tout en espérant une reprise du dialogue avec l’Iran à propos du programme nucléaire contesté. La France a simplement « pris note » du résultat final tandis que les Etats-Unis ne veulent pas entériner le scrutin et désirent, par la voix d’Hillary Clinton, vérifier le scrutin suite aux protestations des opposants au pouvoir en place. En Israël, c’est l’inquiétude qui prévaut, l’état juif craignant l’escalade de l’antisionisme affiché d’Ahmadinejad qui a déjà appelé à la destruction d’Israël. Du côté de la diplomatie arabe, on appelle à l’apaisement et à plus d’ouverture de la part du leader iranien.
Les résultats officiels affichent un résultat très favorable à Ahmadinejad avec 62,6 % des voix. Pourtant, les Iraniens, les jeunes et les femmes en particulier, étaient très nombreux à croire à la victoire de Mir Hossein Moussavi, qui montrait une grande ouverture à la démocratie en défendant les droits des femmes. Ses partisans sont aujourd’hui en colère et ils étaient des milliers hier à se révolter dans le centre de la capitale, Téhéran. De nombreuses violences ont eu lieu faisant penser aux révoltes étudiantes de juillet 1999 (barricades, incendies, jets de pierres). Des dizaines d’arrestations ont eu lieu. Moussavi, concurrent lésé, a déclaré : « Les irrégularités dans le scrutin présidentiel sont très graves et vous avez raison de vous sentir lésés ». Ce dernier n’a obtenu que 33,75 % des votes alors qu’il suscitait un réel engouement dans tout le pays. Les manifestants n’ont pas lésiné sur les mots car l’on pouvait entendre dans la capitale iranienne : « Dictature, dictature ! A bas le dictateur ! »… A ce propos d’ailleurs, de nombreux responsables réformateurs pro Moussavi, ont été arrêtés hier après-midi et hier soir.
A New York et à Londres aussi ont eu lieu des manifestations pour protester contre l’irrégularité du vote. Il faut dire que la participation-record de 85 % laissait en effet penser que l’Iran allait changer de dirigeant pour devenir un pays démocratique…

Il n'y a pas encore de commentaires pour cette dépêche.
Tous les commentaires sont soumis à modération (ceux abrégés en SMS seront supprimés).
Ne vous inquiétez donc pas si ceux-ci ne s'affichent pas instantanément.