Le film « L’Affaire Farewell » de Christian Carion avec Emir Kusturica et Guillaume Canet, est sorti en salles cette semaine. Il retrace l’étrange histoire d’un officier traître au KGB qui donne ses secrets à la DTS, qui les donne elle-même au Président Français de l’époque, François Mitterrand, ce dernier les révélant à Ronald Reagan, Président Américain… Il faut dire qu’à l’époque, les Américains voyaient d’un très mauvais œil qu’il y ait des ministres communistes au gouvernement français…
Mais quels étaient donc les secrets de « L’Affaire Farewell » ? L’espion en question dans les années 1980 était un lieutenant-colonel, Vladimir Ippolitovitch Vetrov, surnommé Farewell. Durant un an, il joua double jeu avec les Français en leur transmettant quelque 3 000 documents de très grande importance et provenant du KGB. Il faut dire que Farewell avait été en poste à Paris avant d’avoir été muté au Canada. Revenu à Moscou, il finit par haïr le système soviétique - on ne sait pas vraiment dans l’histoire réelle ce qui fait qu’il s’est mis à détester l’Union soviétique. Bien placé au milieu des renseignements soviétiques, il avait alors tout le loisir de faire passer des informations en France via un ingénieur polytechnicien en poste à Moscou. Ces documents secrets contenaient des renseignements sur l’espionnage industriel exercé sur l’Occident par les Soviétiques… Un fait très étrange dans l’Affaire Farewell se produisit alors quand François Mitterrand, mis au courant par la DST, n’en informa même pas son ministre de la Défense et préféra en avertir directement Ronald Reagan en juillet 1981 lors d’un sommet du G7 près de Montréal. Que se sont dit les deux Présidents en face à face, nul ne le sait vraiment mais le film « L’Affaire Farewell » en déduit une situation quelque peu ambiguë entre les deux hommes.
Farewell, pendant ce temps, était toujours à Moscou et devint de plus en plus alcoolique et un peu fou sur les bords puisqu’il tua sa maîtresse en février 1982 ainsi qu’un milicien… Ce sera pour lui 15 ans de goulag dans la froide Sibérie… Le KGB découvrira le pot aux roses bien plus tard grâce à une lettre écrite par Farewell à son épouse. L’espion sera retrouvé mort d’une balle dans la tête, le 23 janvier 1985 dans la prison Lefortovo de Moscou… Tout au moins c’est ce que le film dit car dans la réalité, aucune tombe ne sera creusée au nom de Farwell et l’on ne sait rien vraiment sur les détails d’une exécution pour « haute trahison ».
Un film passionnant qui révèle les dessous de l’histoire au temps de la guerre froide.

Il n'y a pas encore de commentaires pour cette dépêche.
Tous les commentaires sont soumis à modération (ceux abrégés en SMS seront supprimés).
Ne vous inquiétez donc pas si ceux-ci ne s'affichent pas instantanément.