« C’est une journée historique », s’est félicité
Brice Hortefeux, le concepteur du pacte européen pour l’immigration défendu par
Nicolas Sarkozy. « Avec ce pacte, rien ne sera plus comme avant. L’Europe ne sera ni une forteresse, ni une passoire »…
Il s’agit là en effet d’une victoire appréciable pour le ministre français de l’Immigration, qui a vu son projet, présenté pour la première fois hier à
Cannes lors d’une réunion des ministres de l’Intérieur européens, recevoir un accueil favorable. Les 27 membres de l’Union Européenne devraient ainsi signer un engagement destiné à lutter efficacement contre l’immigration clandestine.
L’UE entend également renforcer sa coopération avec les pays d’origine des clandestins, notamment africains.
Avant de parvenir à s’entendre, les différents pays ont du se livrer à des discussions parfois houleuses et la France a subi plusieurs objections, essentiellement de la part de membres qui ont par le passé fait le choix de la régularisation massive. Le gouvernement espagnol, par la voix de son ministre de l’Intérieur Alfredo Perez Rubalcaba, a ainsi refusé que ce principe se voie définitivement condamné par l’UE. Pour mémoire, l’
Espagne avait procédé en 2005 à 700 000 régularisations, avant d’y renoncer.
En dépit de cette nuance, le cap est bel et bien franchi et l’ère des régularisations massives révolue.
Le texte français proposé lundi prévoit en effet de « se limiter à des régularisations au cas par cas et non générales, dans le cadre des législations nationales, pour des motifs économiques ou humanitaires ».
Il est en outre stipulé que « les étrangers en situation irrégulière sur le territoire des Etats membres doivent quitter ce territoire » et que les Etats devront « recourir à des dispositifs communs pour assurer l’éloignement des étrangers en situation irrégulière ».
« On ne transforme pas l’Europe en blockhaus », s’est défendu le ministre de l’Intérieur allemand Wolfgang Schauble. « Il y a sur ce territoire six millions d’illégaux. Il faut lutter contre l’immigration illégale et encadrer l’immigration légale ».
Pour ce faire, les 27 se sont engagés à « mettre en place des politiques ambitieuses d’intégration ». De leur côté, les immigrés devront s’engager à apprendre la langue du pays accueillant et à respecter « les identités des Etats membres et de l’UE (…) et leurs valeurs fondamentales ».
Comme de juste, les ONG ont condamné ce projet qui devrait toutefois être adopté formellement par le Conseil européen le 16 octobre.